"VIDÉOS POUR MIEUX COMPRENDRE BALI"

En lisant n'importe quel guide de voyage, vous arriverez à la conclusion que les balinais sont hindouistes. Pas du tout. Pas seulement. Loin s'en faut. Les croyances des balinais proviennent d'un passé où l'hindouisme s'est d'abord implanté à Sumatra, Java et à Bali.
Le bouddhisme est arrivé plus tard (avec notre ère). Le bouddhisme s'est implanté et a co-existé avec l'hindouisme plus ou moins pacifiquement pendant des siècles et les balinais l'ont aussi adopté.
Mais on oublie un détail essentiel: bien avant ces religions, les populations avaient peur des esprits, de forces naturelles: la forêt qui brûle, le tsunami qui déferle, la foudre, les éclipses.
Pour les apaiser, ils en ont fait des divinités auxquelles il fallait faire des offrandes. Les milliers de petites offrandes que vous voyez partout chaque jour sont un reflet de cette crainte immémoriale et du souci de se concilier les bons et les mauvais esprits, les démons et les divinités.
C'est pourquoi les balinais vivent sous le mode de l'offrande... entre tous ces mondes.


Une religion entre Mer et Volcan

Les balinais souhaitent préserver un équilibre entre Feu et Eau, entre Divinités et Démons, entre Shiva et Vishnu. La couleur blanche tournée vers le Volcan Agung, le domaine de Shiva, le Remetteur en Cause qui donne un espoir d'un changement. La couleur noire vers la mer, le domaine de Vishnu, le Conservateur du Dogme … Et le gris qui symbolise la place des hommes entre ces deux opposés, à l'image du tissu dont on ceint les statues.
D'un seul geste avec de minuscules offrandes (les canang), les balinais remercient les divinités de ce qu'ils ont reçu, adressent un souhait pour s'attirer d'autres bienfaits et écartent les démons de leur quotidien. La recherche de l'équilibre constitue l'essentiel de leur quotidien.
Le jour où ces offrandes auront disparu, Bali ne sera plus Bali.

Tout a commencé par la rizière

Difficile d'exploiter seul une rizière, surtout si elle est vaste ou en terrasses. Lorsque la terre produit trois récoltes par an, il faut demander de l'aide au village... et rendre le même service plus tard.
Le "Communautarisme": se rapprocher des autres et vivre avec eux: les balinais l'ont fait. On se sépare le moins souvent possible... Pour se sentir plus fort dans le village,
Partager. Répartir. Le fruit du travail en commun pourrait profiter à certains: impensable dans un village. L'intérêt de tous prévaut pour les chefs de village: on décide ensemble, on compose, on redistribue, on équilibre en fonction des situations.
Adat, le Droit Coutumier. Au fil des siècles, des coutumes se créent et des lois s'appliquent. Elle acquièrent une telle autorité que l'Administration Officielle s'emmêle rarement. C'est "l'Adat", admis par tous.

Bali Résiste Encore

Des pressions insoutenables pèsent sur les balinais; elles bouleversent leur société: le prosélitisme d'une autre religion maintenant majoritaire dans l'île, l'immigration pour profiter de la "Mane Bali", le prix des terrains qui explose, leur vente qui réduit la production de riz jusqu'à rendre Bali importateur !!?? Ces nouveaux équilibres sont autant de déséquilibres pour la société balinaise profonde.
Séparer les balinais? Difficile. Les activités liées au tourisme séparent les familles, le Net éloigne les individus. Les balinais en sont conscients. Alors, ils essaient quand même d'exister ensemble: ils se retrouvent, ils se regroupent. Pour marquer leur "balinité"...et pour se rassurer.
En 2002, l'attentat a fait 200 victimes et a créé l'indignation. Ce drame a dépassé leur sens de la modération. Encore aujourd'hui, ils tentent d'apaiser cette injustice à force d'offrandes et d'incantations.
Cela suffira-t'il pour recréer l'harmonie dans l'Ile Aimée des Dieux? Rien n'est moins sûr mais Bali Résiste Encore.

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